Crise Requin - Mer Interdite

Communication de VRR sur la Crise Requin à La Réunion

Crise Requin : communication de Yann De Prince, président de Vérité Requins Réunion – 07 juillet 2018

Crise Requin - Mer Interdite
Hommage aux victimes de requins.
” je relève au passage que, malgré leurs promesses en ce sens, j’attends toujours les poursuites de l’IRD et de tous les bons à rien qui ont promis de le faire. Nul doute que si les propos fermes et accusateurs que j’ai tenus en son temps contre eux avaient été faux, des actions auraient été entreprises, d’autant plus facilement d’ailleurs que ces gens dépensent sans compter un argent (public) qui n’est pas le leur. “

 

Chères amies et chers amis,

Je reprends la parole après de trop longs mois de silence. Je sais que vous avez été nombreux à vous en inquiéter ou à vous en émouvoir, je tiens donc tout d’abord à m’en excuser auprès de vous. Durant ces premiers mois de 2018, différentes raisons personnelles et professionnelles m’ont empêchées d’être aussi disponible que j’ai pu l’être l’an dernier.

Un retour en arrière sur nos actions, et quelques explications, me semblent s’imposer :

A la fin de l’année dernière, j’ai rencontré le Préfet Amaury de Saint-Quentin à plusieurs reprises, dont une fois lors d’une réunion qui s’est tenue avec le président de Région, Didier Robert, dans son bureau à la pyramide inversée à Sainte-Clotilde.

Je dois souligner la qualité technique de ces réunions et la très bonne impression que m’a fait le préfet, tant par le sérieux avec lequel il s’était rapidement emparé du dossier, que par ses qualités humaines personnelles. J’ai rencontré un homme, certes dépositaire de l’autorité de l’Etat, mais faisant preuve d’une ouverture qui tranchait singulièrement avec l’intégrisme et l’entêtement ridicule de certains de ses prédécesseurs, un homme résolument déterminé à agir raisonnablement (mais concrètement) pour tenter d’endiguer cette crise qui conduit l’état français à fermer l’océan de manière continue d’année en année depuis 5 ans à La Réunion comme nulle part ailleurs dans le monde. J’ai rencontré un homme sensible et conscient des conséquences dramatiques de cette crise qui s’éternise et s’enlise.

Après plusieurs réunions, le préfet nous a montré, à Didier Robert et à moi, l’arrêté de levée d’interdiction de la commercialisation de la chair des requins qu’il s’apprêtait à promulguer et qui était déjà entièrement rédigé. Il a qualifié l’arrêté original « d’incohérent » tout en me faisant part des positions couardes de l’ANSES ainsi que de la réticence de « certains conseillers des ministères parisiens » …

D’autre représentants d’associations ont eux aussi rencontré le préfet et ainsi pu consulté aussi ce document.

Le préfet a été catégorique, rappelant qu’il était préfet hors classe. Vu son intime conviction, il était déterminé à prendre cet arrêté, en assumer toutes les responsabilités, et à le faire coûte que coûte. Il en a pris l’engagement ferme, Didier Robert m’en sera témoin.
J’ai salué son courage et sa détermination.

Considérant les réticences parisiennes, il m’a demandé de lui laisser du temps, ce que j’ai accepté bien volontiers, en optant pour le silence, considérant que c’était probablement le meilleur moyen de le laisser agir utilement dans l’intérêt de l’île de La Réunion.

Je tiens à vous préciser que malgré l’absence de communication publique, notre association a continué d’agir, en continuant d’une part de nourrir ses dossiers et de collecter des éléments de preuve, et d’autre part en apportant un soutien financier à plusieurs acteurs, familles de victimes, ou encore des associations, afin de les aider à engager (ou poursuivre, selon) les actions juridiques qu’ils conduisent de leur côté.

Pour l’anecdote, je relève au passage que, malgré leurs promesses en ce sens, j’attends toujours les poursuites de l’IRD et de tous les bons à rien qui ont promis de le faire. Nul doute que si les propos fermes et accusateurs que j’ai tenus en son temps contre eux avaient été faux, des actions auraient été entreprises, d’autant plus facilement d’ailleurs que ces gens dépensent sans compter un argent (public) qui n’est pas le leur.

 

’’ Le préfet a publié un plan d’action nul et vide de sens en début d’année, et vu sa maîtrise du dossier, il est on-ne-peut-mieux placé pour savoir que c’est de la poudre aux yeux. Comme c’était prévisible, rien n’avance et rien de concret ne change. ’’

 

Plusieurs mois se sont écoulés depuis … l’arrêté n’est malheureusement jamais paru … et la situation demeure aussi catastrophique qu’elle l’était, ce qui nous contraint à reprendre nos actions là où nous les avons laissées.

Je n’ai pas réussi à obtenir d’explications de la part du préfet depuis, mais il ne subsiste que deux hypothèses possibles à mon sens. La première serait qu’il se soit moqué de moi et d’autres, dont le président de région, et qu’il ait voulu nous manipuler, ce qui ne saurait être totalement exclu. La seconde, tout de même plus probable à mes yeux, est qu’il aura reçu des instructions fermes venues d’en haut et qu’il aura choisi de mettre son honneur et ses convictions dans sa poche, et son mouchoir dessus.

Mais qu’importe mon avis, si ce n’est qu’à part des numéros de claquette tous les ans, La Réunion ne peut décidément vraiment pas compter sur le ministère des outremers qui donne les ordres et s’avère être, dans ce dossier comme les autres (cf. le greffe du tribunal de commerce par exemple), bien plus nuisible qu’utile.

Certaines mauvaises langues disent à Paris qu’à défaut d’être utile, ce ministère présente tout de même l’avantage, pour les gouvernements successifs, de pouvoir servir de « variable d’ajustement » permettant de nommer des ministres féminins, d’autres « de couleur », certaines fois les deux à la fois, et que c’est très bon pour l’équilibre de la photo. Ce ne serait pas sérieux de le croire, pas politiquement correcte de le dire, et vraiment très mal vu de le répéter, alors je ne le fais pas, d’autant que je suis intimement convaincu de l’intérêt de la parité que je me suis toujours appliqué à mettre en œuvre dans mes entreprises, simplement parce que je suis convaincu que c’est bénéfique quand c’est fait de manière sincère, dans un but utile, et pas juste pour faire joli sur une photo.
Mais qu’il est loin le temps où nous avions des ministres des outremers de la trempe de Brigitte (pas Annick) Girardin, Dominique Perben, Bernard Pons … ceux-la ne se contentaient pas de faire de la figuration.

 

’’ l’état français et son ministère fantoche, avec sa manière désinvolte de gérer les DOM, ne nous laisse pas le choix ’’

 

Le préfet a publié un plan d’action nul et vide de sens en début d’année, et vu sa maîtrise du dossier, il est on-ne-peut-mieux placé pour savoir que c’est de la poudre aux yeux. Comme c’était prévisible, rien n’avance et rien de concret ne change.

Notre préfet a donc laissé les requins tranquilles pour jeter son dévolu sur les chiens errants, et pour peu qu’il confie la charge de la résolution du problème à l’IRD, les tamponnais ont intérêt de vite se faire vacciner contre la rage. Ne sont-ils pas dans leur milieu naturel, ces pauvres chiens ? Et puisqu’ils sont avertis, les tamponnais n’auront qu’à s’en prendre qu’à eux mêmes si leur gosse se faire mordre sur le chemin de l’école.

Avec l’association OPR et son secrétaire Jean-François NATIVEL, dont je salue une fois de plus le travail colossal qu’il accomplit bénévolement avec une constance et une ténacité qui force mon respect, nous avons récemment relancé les démarches juridiques que j’avais évoquées précédemment afin de lancer les actions que nous avions laissées en suspens, à savoir :

  •  Le dossier « Ciguatera » (défense de commercialiser la chair des requins)
  • La réitération permanente de l’interdiction administrative provisoire qui démontre l’absence d’efficacité et de sérieux des actions et gesticulations entreprises par l’état et ses satellites (Réserve Marine, CRA, …)
  • La responsabilité pénale pour mise en danger volontaire de la vie d’autrui avec l’implantation de récifs artificiels
  • La révision du statut de Réserve Marine au motif que sa constitution repose sur un constat mensonger établi par l’IRD et recherche de la responsabilité personnelle d’une partie des scientifiques « bras-cassés » que l’IRD entretien à grand frais à La Réunion pour leurs mensonges graves et persistants
  • Un soutien à des entreprises sinistrées qui cherchent à faire reconnaître le préjudice subit, consécutif à la mauvaise gestion de la crise requin et la fermeture de l’océan qui en résulte
  • Un soutien à 2 familles de victimes. L’une dans le cadre d’une procédure déjà en cours, et l’autre dans le cadre d’un projet de dépôt de plainte avec constitution de partie civile pour homicide involontaire et mise en danger de la vie d’autrui

Dans l’intérêt de tous, j’aurais sincèrement préféré pouvoir nous en dispenser mais l’état français et son ministère fantoche, avec sa manière désinvolte de gérer les DOM, ne nous laisse pas le choix.
J’ai cité tout à l’heure le problème des formalités des entreprises (greffe du tribunal de commerce de St-Denis), sachez qu’il perdure depuis bientôt 10 ans et que les ministres successifs des outremers à qui j’ai tous eu affaire, ont tous promis de le régler « l’an prochain », comme la crise requin finalement. La ministre en poste n’a pas dérogé à la règle et a promis récemment de régler le problème du greffe dès l’an prochain (!) alors que les entreprises en ont un besoin vital.

A lire aussi : L’Etat a installé des récifs artificiels près des plages, qui ont attiré des requins – Yann de Prince

 

Il faut quasiment un an pour obtenir un Kbis (carte d’identité d’une entreprise) à La Réunion tandis qu’il faut quelques jours tout au plus en métropole et tant qu’elle n’a pas de Kbis, une entreprise qui vient de se créer ne peux pas utiliser de compte bancaire. On voudrait dissuader les réunionnais d’entreprendre et faire la promotion de l’assistanat qu’on ne s’y serait pas pris autrement et on est en droit de se demander quel genre de considération est portée aux domiens et quel est la finalité de ce laxisme généralisé.

Pour revenir à la crise requins, je vous tiendrai au courant de nos avancées à compter de la rentrée prochaine.

En attendant, bonnes vacances à toutes celles et ceux qui en prennent, et notamment à ceux qui ont la chance de pouvoir aller dépenser leur argent pour se baigner ailleurs, à Maurice, aux Seychelles, en Afrique du Sud, aux Maldives, à Rodrigues (dont Nicolas Hulot fait si bien la promotion) … bref, dans tous ces pays dont les responsables politiques ne sont pas tellement gavés de subventions qu’ils croiraient pouvoir se moquer du développement économique et touristique comme c’est le cas ici.

*Photo des 5 derniers sinistres des outremers.

 

5 derniers sinistres outre mer
Photo des 5 derniers sinistres outre mer – crise requin à La Réunion

 

Lien vers la publication de Yann De Prince sur la page facebook de VRR :

Chères amies et chers amis,Je reprends la parole après de trop longs mois de silence. Je sais que vous avez été…

Publiée par Vérité et responsabilités sur les attaques de requins à La Réunion sur Vendredi 6 juillet 2018

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